30.11.10

article MIDI LIBRE

Édition du mardi 23 novembre 2010

Exposition La douce errance de Daniela Montecinos

DR

Nimes. Exposition La douce errance de Daniela Montecinos




Un chien qui traverse une toile, une vieille chaussure abandonnée, une bicyclette rouillée, une femme glamour égarée dans un climat intemporel... Chez Daniela Montecinos, l'errance est au cœur de la peinture. Jusqu'à la fin du mois, elle présente une série de toiles à la galerie du Chapitre qui, depuis le printemps dernier, maintient le cap d'une programmation accessible et intelligente.
Installée à Nîmes, l'artiste a vécu à New York. Mais c'est dans son pays natal, le Chili, qu'elle a commencé à être intriguée par les animaux qui peuplent aujourd'hui son univers. « Il y a toujours des chiens qui traînent en ville, ils font partie du paysage urbain, à la fois tendres et féroces », explique l'artiste, touchée par la proximité entre cette errance et le sort des hommes.
Daniela Montecinos reste toujours imprécise. Son art est figuratif, mais elle ne livre que des bribes, des instants troubles. Les corps des hommes ou des animaux sont presque toujours tronqués, les objets flottent dans un entre-deux échappant au cours du temps et aux lois de l'apesanteur, les fonds abstraits gardent la mémoire du temps qui passe.
Daniela Montecinos s'intéresse aux traces, à la mémoire d'instants disparus ou en train de disparaître. Elle construit un monde aux couleurs passées où la perte, la nostalgie et la douceur sont silencieuses, suggérées, murmurées.

Stéphane CERRI

24.11.10

Presse (MidiLoisirs, Elle, La Gazette) & vernissage

ELLE # 3384, 5 Nov 2010

Midi Loisirs du 12 au 18 novembre 2010

La Gazette de Nîmes du 11 au 17/ novembre 2010




suite ...

WESTERN, huile sur toile, 130 x 100 cm, 2010

GANTS LILAS, huile sur toile, 30 x 40cm, 2009

GANTS BLANCS, huile sur toile, 40 x 30cm, 2009

dernières toiles 2010-Décrochage: samedi 27 de 16h à 19h en présence de l'artiste GALERIE DU CHAPITRE, 10 rue du Chapitre, Nîmes

ANIMA, huile sur toile, 135 x 100cm, 2010

SAC ROUGE, huile sur toile, 100 x 73cm, 2010

GHOST DOG, huile sur toile, 73 x 100 cm, 2010

INVICTA II, huile sur toile, 65 x 65cm, 2010

GANTS ROUGES, huile sur toile, 41 x 33cm, 2010

CHRISTIAN SKIMAO à propos de l'expo Gal du Chapitre

Texte de présentation pour Daniela Montecinos sur ses œuvres récentes (2010):



ANIMUS / ANIMA



"La peinture tend bien moins à voir le monde qu'à en créer un autre."

André Malraux.



Le travail récent de Daniela Montecinos interroge la mémoire des images au travers de ses toiles. Se servant de photographies d'acteurs ou d'actrices, d'écrivains ou de gens plus ou moins célèbres, elle opte pour un recadrage de ces personnages tout en leur assignant une nouvelle identité picturale. La photographie qui a toujours joué un grand rôle chez elle, lui sert de support visuel et mémoriel, elle nourrit son imaginaire de peintre grâce à ces clichés, les transforme radicalement en privilégiant des fragments. Les mains jouent un rôle important, croisées ou non, signifiantes et significatives, parfois les jambes et les chaussures, tandis que les têtes disparaissent, happées par le temps qui passe. L'artiste privilégie des poses qualifiables de banales mais où la reconnaissance par le visage n'est plus possible. Elle glisse vers une peinture d'éléments contrastés, servie par une dynamique interne, qui ouvre sur un univers onirique puissamment alimenté par l'inconscient. Les animaux qui passent (chien ou loup) traduisent l'errance, le mouvement, l'exil mais aussi une conscience toujours en éveil.

La présence d'une référence psychanalytique dans les œuvres de Daniela Montecinos leur donne au final une mélancolie, dans le sens où l'entendait subtilement Victor Hugo: Plastiquement, elle use de tons fanés qui nous font entrevoir un univers qui a cessé d'exister. Ou qui n'a jamais existé. Ou encore qui existera. Ce questionnement sur l'origine secrète des scènes ramène à une démarche qui part de la préparation minutieuse de ses toiles où le fond, sorte d'inconscient contenant tous les possibles, fait matériellement de taches et de coulures, offre une première lecture sur laquelle va se bâtir l'œuvre en devenir. Interprétations personnelles qui serviront à une élaboration somme toute théâtrale. Ce décryptage invisible pour le spectateur, donne une grande épaisseur à son travail et nous emmène dans une exploration picturale qui part de l'abstraction pour aboutir à la figuration.

La narration toujours présente dans les toiles de l'artiste raconte d'improbables rencontres entre des objets, des animaux et des personnages. Tous demeurent visibles bien que certains semblent déjà s'estomper. Il apparaît une tension extrêmement puissante qui oblige le spectateur à toujours se questionner sur les enjeux de ce qu'il regarde. Daniela Montecinos affirme son admiration pour l'œuvre puissante de Lucian Freud où les corps de peinture semblent annoncer des corps glorieux dans leur excès même. Portraits de portraits en quelque sorte. On remarque qu'un mouvement semble présent à l'intérieur de ses images fixes car leur paradoxale mobilité jouant avec la couleur et la lumière impose une tonalité très spécifique et aisément reconnaissable. Nous nous trouvons ainsi en présence d'une peinture créatrice de moments suspendus dans le temps et l'espace où prend place toute l'humanité du monde.



Christian Skimao

EXPOSITION du 5 au 27 novembre Galerie Du Chapitre à Nîmes


1.9.10

Publication AZART magazine #46 sept-oct 2010



Article "Fragments de mémoire"
peintures

19.9.09

Prochaine expo: BIARRITZ du 28 sept au 4 octobre pendant le 18ème festival de Cinéma et cultures latinoaméricaines

Expo vente de Daniela Montecinos

Cette artiste chilienne adopte divers supports et techniques : la toile, le collage, le monotype retouché, mais privilégie le dessin. Pas le dessin de contour, particulier au sculpteur, où le trait prend seul en charge le partage des valeurs, mais un graphisme fouillé, ramifié, zébré de stries et de maculatures.

14.2.09

4.1.09

"Une mémoire blessée"

« UNE MÉMOIRE BLESSÉE »

Explorer l’ambiguïté du réel n’est pas pour Daniela Montecinos s’appesantir sur la fonction de la peinture et la manière de la mettre en oeuvre, mais répondre à son irréductible nécessité de traduire ce qui assaille sa supra-conscience. Cependant, le pays au loin, elle est inévitablement subordonnée au souvenir, à une quête identitaire qui attise la nostalgie, à travers des instants de vie soustraits aux strates d’une réalité enfouie. Car ayant enduré le déchirement de son peuple et pour beaucoup le traumatisme de l’exil, Montecinos assume le compromis entre son histoire individuelle et celle de son Chili natal, dont on sait le poids douloureux.

Par conséquent, sa syntaxe ne pouvait qu’incarner le fatum du déracinement, et parallèlement le mythe d’une mémoire blessée, qui va bien au-delà de ses ancrages originels, même si la crispation de son iconographie n’est pas innocente. Ses thèmes sont pourtant familiers. Chiens errants à l ‘arrêt ou en action, à l’affût ou faussement indifférents, articulés par fragments ou dans leur totalité, tête-bêche au arc-boutés sur leur arrière-train, de face ou de profil, repus ou faméliques .... ces canidés rejetés, rompus à la solitude et à l’hostilité de la rue, généralement captés à la dérobée et souvent réduits à leur esquisse, apparaissent rarement agressifs.

Puis on croise ensuite des bicyclettes fatiguées, bancales ou démembrées, ceinturées par un magma de mots épars pas toujours reconnaissables, des chaussures, voire des sandales, isolées ou par paires, frustres ou élégantes, encore entourées de chiens furtifs, de têtes de porcs hilares ou de silhouettes humaines privées de visages, l’air hébété sinon énigmatique, à moins qu’il ne s’agisse de centurions armés évoquant la violence sous-jacente du représenté. Autant de sujets gouvernés par une sémantique de l’éparpillement, eu égard à l’éclatement du tissu narratif, auxquels on adjoindra la série « Anges et mères », avec leurs configurations massives et bosselées proches de la veine expressionniste, dont la présence informe et bousculée nous cueille au plus profond.

Pour camper son vocabulaire Daniela Montecinos adopte divers supports et techniques : la toile, le collage, le monotype retouché, mais privilégié le dessin. Pas le dessin de contour, particulier au sculpteur, où le trait prend seul en charge le partage des valeurs, mais un graphisme fouillé, ramifié, zébré de stries et de maculatures. D’autres fois, la composition est conçue de superpositions, sinon de chevauchements organiques lumineux ou ombrés, ou bien de postures en positif -négatif, pendant que les plages vierges contribuent à la respiration de l’ensemble.

Tour à tour ramassé et fusant, le geste n’a rien ici d’anarchique, mais épouse la pensée qui l'impulse et en dirige la course nuancée, linéaire ou vibrionnante. Tensions interactives et pigmentations, mots signifiants et agrégats tachistes, coloris délavés et partitions stenographiées, scellent alors des alliances contrastées au sein de ces périmètres habités par la houle affective de la nostalgie. Enfin, un métier éprouvé et une main économe, fédérateurs d’une organisation spatiale juste et aérée, couronnent ces images essaimées de sonorités nocturnes et de soudaines fulgurances, où substance et motif s’avèrent indissociables.

Au fil de ce parcours emblématique où la souffrance est intérieure, se cache une tendresse qui n’efface pas toutes les meurtrissures. Daniela Montecinos aime se perdre et se retrouver dans les détours de cette vie en suspens, dont sa mémoire alimente l’âpreté existentielle, mais forte de son tempérament volontaire et conquérant, elle est dans « le sens de la marche ».

gérard xuriguera
paris, décembre 2008

EXPOSITION GNG galerie, 15 janvier-21 février





3, rue Visconti
75006 Paris
00 33 (0)1 43 26 64 71

galeriegng@wanadoo.fr - http://www.galeriegng.com

Daniela Montecinos


Née en 1964, à Vina del Mar, Chili
La main suggère des tracés découpés-blessés la vie respire derrière la figure vibrante et immobile, fabriquée de fusain et papier.


Exposition 13 janvier – 21 février 2009
Vernissage jeudi 15 janvier à partir de 18 heures